« Un atelier d’écriture ? Oui pourquoi pas ! » Bonté Divine me propose un de ces évènements dont elle a seule le secret ! Je ne sais pas comment elle fait pour avoir ce type d’infos : concerts dans un salon privé ici et aujourd’hui ateliers d’écriture.
Nous nous dépêchons de nous inscrire car les places sont limitées !
À peine inscrites, message de Bonté Divine qui me dit « Ça te dirait de faire plutôt une rando ? » J’étouffe un « Bonté Divine ^^ » - là vous pouvez comprendre pourquoi je lui ai donné ce surnom - Pour mettre toutes les chances de son côté, elle m’envoie tous les détails… et clairement c’est de ce genre de randonnée où on ne peut pas dire non !
Donc nous voilà en train de nous désinscrire de l’atelier quasiment avec les mêmes messages à 2 secondes d’intervalle sur le groupe WhatsApp. Je ris en voyant cela… j’ai l’impression de deux ados pas très claires sur ce qu’elles veulent.
La veille, je commence à m’inquiéter de notre point de rendez-vous. Bonté Divine de toute évidence n’est pas plus inquiète mais après quelques minutes, elle me dit : « On se retrouve sur le parking de Là »… je la questionne : « mmm, est-ce que le parking de Là est Ici ? »… elle me répond : « Est ce que Ici correspond à ces coordonnées GPS que j’ai entouré en rouge ? »… je lève les yeux au ciel en souriant : « Bonté Divine très honnêtement je n’en sais rien, il faudrait que je puisse voir un plan mais je n’arrive pas à bien voir sur les docs que tu m’as envoyés. »… quelques minutes plus tard elle m’envoie un message avec une adresse ! Je lève les yeux au ciel et pousse un « Alleluia ! »
Le lendemain, parée de l’adresse que je rentre dans mon GPS, je m’engage sur les routes pour rejoindre ce joli village où nous nous sommes données rendez-vous. Il fait un temps superbe… je me sens si bien au volant de mon petit bolide à vibrer au rythme des musiques que j’aime. Un sentiment de liberté merveilleux !
Bien sûr, arrivée sur place, le GPS me balade : pas la bonne adresse ! Je m’y reprends à plusieurs fois pour finalement me garer quelque part dans le village qui, heureusement, n’est pas grand ! C’est en marchant quelques pas plus loin que j’aperçois le fameux parking juste en face de la mairie ! Il m’a complètement échappé et pourtant ce n’est pas faute d’avoir bien regardé partout !
Je déplace ma voiture et j’envoie une note vocale à Bonté Divine pour lui donner la localisation du parking bien caché !
Nous nous retrouvons finalement à l’heure dite. Nous tombons dans les bras l’une de l’autre, heureuses de nous revoir et de la perspective de cette journée ensemble !
Je crois que depuis que nous nous connaissons - un bail ! - c’est la première fois que nous faisons une randonnée ensemble !
La balade est juste magnifique : paysages, petites bêtes de la nature et végétaux en pleine expansion en ce début de printemps.
Bonté Divine est aux anges… rayonnante… elle avait besoin d’air, de soleil, de nature, de mouvement . Elle lance en rigolant « À force d’être assise toute la journée derrière un écran, j’ai les fesses carrées ! » Elle travaille dans une « boite à réunions »… oui comme beaucoup de boites, on y fait beaucoup beaucoup de réunions et Bonté Divine, elle les enchaîne… en clair c’est son régime quotidien et elle fait une « petite » overdose !
Ce monde du travail me paraît si loin aujourd’hui. Et dans ce qu’elle vit actuellement, je me revois dans ce monde là en train de survivre, résister à l’épuisement… au manque de sens…
La joie d’être ensemble à marcher sur le sentier escarpé. Bonté Divine a souvent les traits un peu tirés derrière son sourire chaleureux et comme quelque chose qui pèse sur les épaules. Mais aujourd’hui, elle semble plus détendue, plus légère… je suis heureuse de la voir ainsi.
Une vieille chapelle, l’église du village, elle a voulu s’arrêter dans chacune pour y chanter. Et oui, Bonté Divine, elle a une voix… une voix qui ne laisse pas indifférent : profonde et vibrante… mystérieuse… et quand elle chante, c’est… il n’y pas de mot si ce n’est que « ça prend aux tripes ». Je ne l’ai pas suivie dans ces deux lieux… j’ai respecté cet espace d’intimité… ce que j’ai senti comme un recueillement avec elle-même… une reconnexion à elle…
Je l’ai attendue là où j’aime être… entre Terre et Ciel, en plein air… les cheveux au vent… Regarder le ciel, les nuages, les reliefs tout autour… juste rester là et respirer toute cette Vie autour de moi… Notre conversation du déjeuner me revient… Bonté Divine me parlait de quelqu’un qui témoignait de son expérience de mort imminente. Passe le tunnel, il est aveuglé par la Lumière. Une personne se présente devant lui et lui demande : « Comment as-tu aimé ? »… Je me pose la question alors que mes yeux se perdent sur l’horizon… je n’ai pas de réponse… je ressens un léger malaise… je ne m’attarde pas… mais je le sens tourner en silence…
Elle me rejoint sur le banc de la place de l’église. Le point de vue est vibrant. Nous décidons de dîner ensemble et nous nous réjouissons de cette prolongation imprévue.
Opération recherche d’un resto : pas trop loin de là où nous habitons chacune et du village où nous sommes. Nous nous plongeons sur nos portables… D’habitude, ce genre de recherche à plusieurs et déjà juste à deux est quelque chose qui me fatigue assez vite… mais avec Bonté Divine, j’ai adoré cela ! Nous avons trouvé assez rapidement ce resto juste à côté - 6 minutes de voiture - timing et cadre parfaits !
Il est presque 17 h quand nous nous installons sur la terrasse pour déguster une gaufre pour Bonté Divine, une glace pour moi… Faut il préciser que - bien sûr - Bonté Divine ne veut aucun des assaisonnements proposés sur la carte pour sa gaufre et qu’elle a réussi à avoir celui qu’elle voulait avec le sourire de la serveuse… Bonté Divine !
Alors qu’elle rejoint sa voiture pour chercher une veste. Je scrolle sur mon téléphone et je tombe sur une image avec cette phrase qui me fait tellement penser à Bonté Divine « Les personnes les plus résistantes ne sont pas les plus fortes. Ce sont celles qui résistent plus longtemps à ce qui les abîme. »
Alors qu’elle revient, je lui tends mon téléphone en riant pour qu’elle lise la phrase. Elle n’a aucune réaction ou en tout cas je vois bien que ce qui résonne pour moi par rapport à elle… pour elle ça ne résonne pas du tout ! Nous oublions l’affaire et décidons d’aller marcher un peu en attendant 19 h, l’heure à laquelle le resto ouvre.
Il reste encore une bonne demi-heure, nous nous asseyons sur un banc. Je lui partage que j’ai utilisé l’intelligence artificielle pour lire les lignes de mes mains. Je lui propose de photographier ses mains pour faire leur lecture par l’IA…
Alors que nous étions concentrées sur l’analyse chiromantique de Bonté Divine, le froid nous pousse à lever le camp… ça tombe bien, c’est l’heure de se pointer au resto. Le vent s’est levé… nous hésitons à nous installer sur la terrasse. Un monsieur arrive et nous indique qu’il allait déplier les bâches transparentes ce qui nous protègerait du vent et du froid.
Toute la soirée, il sera aux petits soins avec les serveuses qui nous ont proposé des plaids. Le décor est planté pour accueillir ce doux moment autour d’un dîner à ciel ouvert.
Tripes gratinées… wua wua wua… moi qui ne mange quasiment jamais de viande, je me laisse tenter largement influencée par les yeux pétillants de Bonté Divine à l’idée de manger ce plat qu’elle adore ! Les tripes arrivent avec des… FRITES ! Re-wuawuawuaaaaa… nous dévorons nos assiettes et les frites…
Entre deux bouchées, j’honore ma promesse : je lui lis l’analyse de mes lignes de mains… et de fil en aiguille, je lui avoue que je la vois souvent fatiguée pour ne pas dire épuisée même si elle tient en apparence. Elle me regarde sans comprendre, ce même regard que lorsque je lui ai montré cette phrase plus tôt sur mon portable.
J’explique que je vois qu’elle fait beaucoup de choses ce à quoi elle me répond que toutes la nourrissent. Et je comprends tellement ce qu’elle me dit… Son travail l’étouffe et toutes ces choses qu’elle fait à côté, c’est une bouffée d’oxygène pour elle. C’était si important pour moi aussi d’avoir ces activités à côté dans mon travail salarié pour me nourrir, respirer… jusqu’au jour où en faisant justement une de celle que, pourtant j’aimais, j’ai ressenti une véritable oppression dans tout le corps… c’était trop… mon corps me disait juste « Arrête ! ».
Elle me demande alors « Mais qu’est-ce que je peux faire ? » Je la questionne « Te sens-tu fatiguée ? » Elle me répond très sincèrement « Ben non, je ne sens rien. » Je sens bien qu’elle ne se sent pas comme moi je la perçois. Aussi, je lui réponds en rigolant : « Si tu ne sens rien, rien ! » et nous partons dans un fou rire de dingue ! Et ce fou rire me poursuit encore !
Et en écrivant ces lignes… je crois que j’ai ma réponse à « Comment as-tu aimé ? »
Bonté Divine… ma bien chère Amie…


