L'intelligence artificielle : une confusion humanicide - épisode 1
Et si la vraie menace de l’IA n’était pas l’IA.
Je lis beaucoup de choses sur cette peur autour de l’Intelligence Artificielle, l’IA.
La peur qu’à force de l’utiliser pour rédiger, créer, l’on ne sache plus rédiger, ni créer.
La peur qu’à force de l’utiliser notre capacité à réfléchir, penser, relier les choses s’amoindrisse.
La peur que nos aptitudes cognitives ne s’atrophient.
La peur que l’Intelligence Artificielle ne remplace l’Être humain à force de lui « déléguer » des tâches « intelligentes ».
Les auteurs citent d’ailleurs des études qui montrent qu’avec l’IA, les nouvelles générations perdent en facultés de cognition, perdent des capacités que les anciennes avaient. Ils citent des études sans préciser le cadre de ces études. Et l’on sait que sans connaître le cadre pour apprécier les biais, les limites, des conclusions peuvent vite tomber dans le « caricatural ».
Ce n’est pas nouveau cette peur que la machine remplace l’être humain.
La mécanisation des tâches menace les emplois. Aujourd’hui avec l’Intelligence Artificielle qui fait des tâches « intellectuelles » et son anthropomorphisme troublant… la peur s’élargit d’un remplacement de l’être humain à sa dépendance : ne plus savoir comment créer, rédiger, penser, relier, analyser, etc. L’être humain esclave et dépendant d’une autre intelligence.
Pourtant, derrière ces peurs largement exprimées soit sous la forme de catastrophisme, fatalisme, résignation, rejet, les « vraies » questions ne sont pas posées. Si elles l’étaient, le mythe de l’Intelligence Artificielle perdrait son fondement.
Qui pense ?
Qui crée ?
Qui est intelligent ?
Qu’est ce que l’intelligence ?
Qui est responsable ? (response-able : capacité, habilité à répondre de façon adapter ?)
Qui est conscient ?
Qu’est-ce que la conscience ?
Est-ce que la machine et des algorithmes d’une part et l’être humain et plus largement le vivant, la vie sont comparables ?
Toutes ces peurs reposent sur un biais : comparer la machine « intelligente » à l’être humain, un être vivant… la Vie.
Finalement, observer l’expression de ces peurs montre à quel point dans nos sociétés, nous nous définissons en tant qu’être humain à travers les aptitudes que nous avons à pouvoir fonctionner et réaliser des tâches.
Et si toute cette technologie et les peurs qu’elles génèrent étaient une formidable invitation à déplacer notre regard d’être humain et reconnaître notre nature profonde… profondément vivant… La Vie.


